Équipements sportifs : optimiser leur usage et leur accessibilité
Pourquoi l’accessibilité des équipements sportifs est un enjeu majeur ?
En février 2025, l’Insee publiait une étude dressant un panorama précis des équipements sportifs en France. Le constat est clair : si l’offre paraît importante en volume, son accessibilité réelle demeure profondément inégale selon les territoires.
L’enjeu n’est donc plus seulement de compter les équipements, mais d’en optimiser l’usage et l’accessibilité, dans une logique d’équité territoriale et de santé publique.
Un état des lieux contrasté des équipements sportifs en France
182 700 équipements recensés… mais une réalité plus nuancée
La France compte 182 700 équipements sportifs (hors sports de nature). Ce chiffre reste toutefois en deçà de la réalité. La méthode de comptage ne distingue pas les infrastructures identiques situées sur un même site. Par exemple, un complexe comprenant dix terrains de tennis est comptabilisé comme un seul « équipement », ce qui limite la précision sur la capacité réelle d’accueil.
Les petits terrains extérieurs (basket, handball) sont les plus répandus, avec 4,4 équipements pour 10 000 habitants. Ils sont suivis par les grands terrains extérieurs (football, rugby), les boulodromes, les salles multisports et les complexes de tennis.
Saturation urbaine et désertification rurale
La couverture territoriale est loin d’être homogène.
Les zones urbaines disposent d’un nombre élevé d’équipements, mais la densité de population y est nettement plus forte. Cette situation engendre des phénomènes de saturation. En Île-de-France, on dénombre 13,4 équipements pour 10 000 habitants, contre 36,4 en Bourgogne-Franche-Comté. Ce déséquilibre se traduit régulièrement par des refus d’inscription dans les clubs sportifs, faute de créneaux disponibles.
À l’inverse, les territoires ruraux présentent souvent une offre moins diversifiée. Certaines communes isolées, comme Fayssac dans le Tarn, ne disposent d’aucun équipement en dehors de ceux liés aux sports de nature (chemins de randonnée, falaises pour l’escalade). Les bourgs ruraux et petites villes parviennent toutefois à maintenir une offre grâce à des installations mutualisées à l’échelle intercommunale.
Une accessibilité inégale selon les territoires
Au-delà du nombre d’équipements, c’est l’accessibilité effective des équipements sportifs qui conditionne la pratique sportive.
L’étude de l’Insee analyse les temps d’accès en voiture : la moyenne nationale s’établit à cinq minutes entre le domicile et un équipement sportif. Toutefois, les écarts sont significatifs selon le type d’équipement et la configuration territoriale.
En effet, our accéder à une piscine, il faut compter :
3 minutes en zone urbaine dense, 10 minutes dans un bourg rural
Jusqu’à 15 minutes dans les territoires à habitat très dispersé
Les disparités apparaissent également dans la part de population éloignée des équipements (avec un temps d’accès moyen de 9 minutes en voiture pour atteindre les équipements courants) : moins de 1 % en Île-de-France, contre 20 % en Bourgogne-Franche-Comté.
En plus de ces contraintes logistiques s’ajoutent des freins financiers et des contraintes de disponibilité temporelle, régulièrement évoqués par les Français pour expliquer une faible pratique sportive.
L’aménagement du territoire sportif devient ainsi un enjeu d’équité et de santé publique.
Quels leviers pour améliorer l’accessibilité des équipements sportifs en France pour tous et toutes ?
Les experts de l’INJEP et de l’Insee identifient trois priorités pour garantir une accessibilité réelle.
1. Rééquilibrer l’offre territoriale
Les zones rurales manquent souvent d’infrastructures, quand les zones urbaines sont saturées. Il faut densifier là où c’est nécessaire, mais aussi déployer des solutions innovantes et adaptées dans les zones peu denses.
2. Garantir une accessibilité fonctionnelle
La simple présence d’un équipement ne suffit pas. Il faut tenir compte des temps de trajet réels, des possibilités de transport et de la fréquence d’usage possible.
3. Adapter les équipements aux usages locaux
Mixité des publics, ouverture sur le temps périscolaire et extrascolaire, co-gestion avec des clubs ou associations. Ce sont autant de leviers pour favoriser une fréquentation large et inclusive.
Comment améliorer l’accessibilité de mon offre ?
Observer et analyser l’offre de son territoire
En avril 2025, le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, en partenariat avec l’INJEP, a lancé la plateforme Data.Sports, conçue comme un observatoire numérique national.
Cet outil centralise les données publiques disponibles sur les équipements, les pratiques sportives, les emplois et les fédérations.
Ouvert à tous, il permet une exploration intuitive via des cartes interactives, des graphiques, des tableaux téléchargeables et des parcours thématiques dédiés aux territoires, aux équipements ou aux fédérations.
La plateforme recense aujourd’hui plus de 333 000 équipements sportifs et bénéficie d’une mise à jour continue grâce aux remontées des acteurs de terrain et aux croisements avec d’autres bases ministérielles.
Ces données constituent un socle essentiel, à condition d’être traduites en analyses territoriales opérationnelles.
FOCUS
Les cartes isochrones, un outil stratégique d’aide à la décision
Une carte isochrone ne mesure pas les distances en kilomètres, mais les temps d’accès à un équipement. Elle tient compte du mode de transport (voiture, vélo, marche, transports collectifs) ainsi que des conditions réelles de déplacement (réseau routier, vitesses, feux, relief).
Elle répond à une question simple : « En combien de temps puis-je accéder à une piscine, un gymnase ou un stade ? »
Ces cartes montrent l’accessibilité réelle des équipements sportifs et les inégalités territoriales. En superposant plusieurs isochrones, on identifie les zones bien desservies et les zones blanches, et on peut comparer l’accessibilité selon les modes de transport.
Elles servent aussi à simuler des projets : l’implantation d’un nouvel équipement permet d’estimer le nombre d’habitants accessibles en 10 ou 15 minutes, afin d’orienter les investissements et d’évaluer l’impact des aménagements.
Agir concrètement sur l’offre de son territoire
Chez Ithea, nous intégrons cette exigence de territorialisation fine dans notre diagnostic sportif de territoire. Notre accompagnement combine les données Data.Sports avec des outils d’analyse avancés comme les cartes isochrones, dans une démarche structurée reposant sur trois volets complémentaires.
Diagnostic quantitatif et qualitatif
Nous croisons les données publiques de Data.Sports (équipements, pratiques, licences, fédérations) avec des bases locales (fréquentation, dépenses sportives, budget équipements) afin de cartographier précisément l’offre actuelle.
Nous organisons également des ateliers participatifs et des entretiens avec des élus, des associations et des usagers pour identifier les pratiques, les usages non couverts ainsi que les freins logistiques (transport, coûts) ou sociaux.
Visualisation fine de l’accessibilité
Notre analyse repose sur des cartes isochrones afin de disposer d’une vision opérationnelle de l’accessibilité réelle, au-delà des simples distances à vol d’oiseau.
Ces visualisations permettent d’identifier les zones blanches et de simuler l’impact d’un nouvel équipement ou d’un service de transport.
Préconisations et mise en action
Sur la base de ces diagnostics, chez Ithea nous proposons des scénarios opérationnels : priorisation de nouveaux équipements en fonction d’indicateurs d’accessibilité, mutualisation d’infrastructures entre communes, accompagnement à la mise en place de mobilités complémentaires, propositions de régies d’animation et de partenariats associatifs.
Nous élaborons enfin un plan de déploiement clair, intégrant le planning, le montage financier, l’accompagnement au financement et l’évaluation des impacts.
Notre accompagnement à la définition de la stratégie en matière d'équipements sportifs
Le cabinet Ithéa Conseil accompagne les collectivités dans la définition de la stratégie en matière d’équipements sportifs.
Nous proposons une méthodologie de diagnostic sur mesure, fondée sur une analyse croisée de l’offre sportive, des équipements, des pratiques des habitants et des dynamiques d’acteurs locaux, afin d’identifier les enjeux et de construire un projet sportif territorial adapté aux besoins.
Prêt à vous lancer ? Contactez-nous !
Maïwen Paoli, responsable de l’antenne Grand Ouest, est spécialisée en droit des collectivités territoriales.
Passionnée de sport et plus particulièrement des enjeux liées à la pratique féminine et à la pratique scolaire. Maïwen met à profit ses compétences pour accompagner les collectivités dans la réalisation de leur étude sportive. Elle a notamment réalisé le diagnostic sportif de la CU de Grand Poitiers !