Villes inclusives pour les aînés : exemples d’aménagements urbains

Les villes inclusives pour les aînés sont aujourd’hui au cœur des réflexions des collectivités territoriales. Face au vieillissement de la population, les villes sont appelées à repenser leurs aménagements urbains et leurs services afin de mieux répondre aux besoins d’une population âgée plus nombreuse, mais aussi plus diverse. Adapter la ville au vieillissement ne consiste pas uniquement à répondre à des problématiques de santé : il s’agit plus largement de construire des villes inclusives, capables de permettre aux aînés de continuer à vivre, se déplacer, s’impliquer et vieillir en bonne santé dans leur environnement quotidien.

En effet, le vieillissement de la population constitue l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les collectivités territoriales. En France, la part des personnes de plus de 65 ans a fortement progressé au cours des vingt dernières années, tandis que le nombre de personnes de très grand âge augmente rapidement. Cette évolution démographique s’inscrit dans un contexte déjà contraint, marqué par la désertification médicale, la montée des situations de dépendance et un risque accru d’isolement social. Dans ce contexte, l’aménagement urbain adapté au vieillissement apparaît comme un levier essentiel de cohésion sociale et de bien-vieillir.

Vieillissement de la population : une urgence sociale et territoriale

Des villes encore peu adaptées aux fragilités liées à l’âge

L’urbanisme français a longtemps été pensé pour une population active, mobile et autonome. Cette conception montre ses limites face aux fragilités liées à l’âge et au handicap : mobilité réduite, fatigue, troubles sensoriels, perte de repères ou isolement. Trottoirs étroits, ruptures de niveau, signalétique peu lisible ou éloignement des services essentiels constituent autant d’obstacles pour les personnes âgées.

Au-delà des enjeux sanitaires, le vieillissement pose la question de la place des aînés dans la ville. En effet, une ville inclusive ne doit pas devenir un espace contraignant avec l’âge, mais au contraire un environnement facilitant le maintien de l’autonomie, les interactions sociales et la participation à la vie locale. Cela suppose une approche globale et transversale des politiques publiques.

Accessibilité, confort et lisibilité de l’espace public

L’aménagement de l’espace public constitue un levier majeur pour construire des villes inclusives pour les aînés. Plusieurs collectivités ont engagé des transformations concrètes afin d’améliorer la sécurité et le confort des déplacements.

  • Angers a installé des bancs tous les 150 mètres sur les parcours fréquentés par les seniors et réintroduit des toilettes publiques accessibles.

  • Dijon a élargi les trottoirs, réduit les ruptures de niveau et adapté les feux piétons avec une temporisation réglable.

  • Strasbourg a déployé des zones apaisées limitées à 20 km/h dans les quartiers à forte population âgée.

La lisibilité de la ville devient par ailleurs essentielle : signalétique agrandie, contrastes de couleurs, cartographies simplifiées ou parcours sécurisés contribuent à rendre l’espace urbain plus compréhensible.

  • À Laval, une application GPS recensant les obstacles urbains vise ainsi à encourager les déplacements piétons des personnes âgées.

Logement, mobilité et lien social : des leviers complémentaires du bien-vieillir

Favoriser le maintien à domicile grâce à la proximité des services

Permettre aux aînés de rester chez eux aussi longtemps que possible constitue un objectif central des politiques locales. Le maintien à domicile repose sur des logements adaptés mais aussi sur l’accès à des services de proximité.

  • Le Grand Lyon expérimente ainsi des « quartiers à vivre à tout âge », mêlant logements intergénérationnels, commerces et services de santé accessibles à pied.
  • À Rennes, certains bailleurs sociaux intègrent lors des rénovations des ascenseurs, des douches à l’italienne ou des dispositifs domotiques facilitant l’autonomie.
  • À Bordeaux, les « maisons des aînés » offrent un guichet unique d’accès aux droits, à la prévention et à l’accompagnement.

Mobilité et participation sociale : lutter contre l’isolement des seniors

La mobilité et l’accès aux activités sociales jouent un rôle déterminant dans la prévention de la dépendance.

  • À Albi, des initiatives locales comme les « promenades seniors » encouragent l’activité physique tout en recréant du lien social.

Vers des villes véritablement « amies des aînés »

Inspirées par le programme “Villes amies des aînés” de l’OMS, de nombreuses collectivités françaises s’engagent aujourd’hui dans des démarches globales et participatives. Au-delà des aménagements, c’est une philosophie de gouvernance qui évolue :

  • Diagnostic partagé avec les seniors du territoire (ateliers, marches exploratoires) ;
  • Transversalité dans les politiques publiques (urbanisme, mobilité, action sociale, culture) ;
  • Formation des agents municipaux à la relation avec les publics âgés ;
  • Création de conseils des aînés pour garantir la co-construction et la représentativité.

L’adaptation des collectivités aux évolutions démographiques ont des conséquences concrètes sur l’aménagement de l’espace urbain d’aujourd’hui. Par ailleurs, la prise en compte des problématiques des seniors a des conséquences plus globales. En effet, l’inclusivité d’autres types de publics s’améliore, confrontés aux mêmes besoins, comme les personnes porteuses de handicap. Elles bénéficient autant que les personnes âgées d’une accessibilité renforcée et d’espaces publics plus accueillants. D’autre part, les actions en faveur du lien social impliquent le dialogue et la participation d’autres tranches de population. Ainsi, adapter sa collectivité aux enjeux du vieillissement contribue souvent au bien-être de l’ensemble de la population.  

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