Les deux ans scolarisés : des écarts allant de 6 à 63%

 

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C’est en Lozère, en Haute-Loire et dans le Finistère que les enfants de deux ans vont le plus à l’école. Plusieurs facteurs explicatifs : volontés politiques, choix éducatifs, contraintes démographiques et budgétaires des collectivités... L’annonce de l’instruction obligatoire à partir de 3 ans relance également le débat sur « l’âge idéal » d’entrée à l’école.


La cartographie de la part de 2 ans scolarisés fait ressortir d’importantes disparités territoriales. En Bretagne, en Auvergne et dans le Nord, les taux de scolarisation précoce sont importants, tandis qu’ils le sont jusqu’à 5 fois moins en région parisienne, dans l’Est et en Aquitaine. Les facteurs explicatifs ? Une volonté politique et des choix éducatifs variables, le poids des contraintes budgétaires, structurelles et démographiques des municipalités, mais aussi l’importance de la demande sociale des familles, souvent liée à des raisons économiques (gratuité de l’école maternelle) ou à des stratégies de réussite.

L’admission des enfants en maternelle dès 2 ans se fait dans la limite des places disponibles, et concerne prioritairement les zones urbaines, rurales et de montagne, les départements et régions d’outremer et les environnements sociaux considérés comme défavorisés. La pré scolarisation est en effet souvent présentée comme une bonne solution pour lutter contre les difficultés et inégalités de réussite, par exemple pour diminuer les écarts dans les acquis langagiers. La loi Jospin du 10 juillet 1989 prévoyait déjà que l’accueil des enfants de 2 ans se fasse en priorité dans les écoles situées dans un environnement social défavorisé. La loi de refondation de juillet 2013 a réaffirmé l’objectif d’une scolarisation massive des enfants de 2 ans, avec une amélioration en termes de formation des enseignants, d’aménagement des locaux et d’équipement en matériel des classes, mais avec un impact toujours limité. L’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans dès la rentrée 2019 changera de nouveau la donne, en créant un nouveau seuil qui remettra implicitement en cause la scolarisation des 2-3 ans.

La question de la scolarisation dès 2 ans soulève une problématique intéressante autour du décloisonnement des interventions à l’attention des jeunes enfants et de la mise en place d’une politique globale en faveur de la petite enfance, souhaitée par le Défenseur des droits[1]. Une des préoccupations fondamentales des collectivités est d’assurer une continuité entre le mode de garde et l’école maternelle, d’où, par exemple, la mise en place de dispositifs passerelle entre tranches d’âge. A Chessy Les Mines, le Jardin Passerelle du Petit Chessillon encourage l’adaptation progressive des enfants au monde scolaire, notamment grâce à l’élaboration d’un projet pédagogique partagé entre l’école et la structure. Ce moment délicat de l’entrée en maternelle est l’occasion de mettre en place des partenariats et de renforcer la coordination entre acteurs de la petite enfance.

La qualité de la prise en charge éducative des enfants de moins de 3 ans est donc largement dépendante des collaborations qui s'établissent entre les collectivités territoriales, l'Education Nationale et les autres services ayant en charge la petite enfance (CAF, PMI, etc.). C’est pourquoi il est important pour les collectivités de mettre en place des espaces et des dispositifs de concertation régulière et durable afin que les projets pédagogiques et éducatifs soient rédigés en fonction des besoins.

D’autres indicateurs sur la petite enfance dans le Profil Croisé.

[1] Rapport annuel consacré aux droits de l’enfant et remis le 20 Novembre 2018 au président de la République

 
Ithéa Conseil