L’isolement des seniors – nouveau marqueur de la pauvreté ?

 

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En France, près d’une personne de 80 ans et plus sur 2 vit seule à son domicile. Un chiffre qui touche parfois 3 seniors sur 4 selon les territoires dans le Nord, l’Est de la France et Paris. Un isolement qui s’explique par une érosion des réseaux familiaux, amicaux, professionnels, de voisinage et territoriaux. L’Observatoire d’Ithéa revient aujourd’hui sur les facteurs d’isolement (et les solutions !) afin de nourrir la réflexion des collectivités sur le « bien vieillir ».


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La cartographie des 80 ans et plus vivants seuls fait apparaître des différences territoriales importantes. Alors que le sud du territoire métropolitain, la Nouvelle Aquitaine, l’Occitanie et les départements d’Outre-Mer sont moins concernés, les seniors résidant dans le Nord et l’Est de la France connaitraient des situations d’isolement plus importantes.  

En effet, si un senior vivant seul n’est pas forcément isolé, c’est un public qui reste potentiellement fragile et auquel il faut prêter une attention particulière. La part de 80 ans et plus vivant seuls est d’ailleurs en augmentation : +14% entre 2010 et 2015 à l’échelle nationale.

La pauvreté est l’un des principaux facteurs d’isolement chez les personnes âgées, d’après une étude réalisée par le CSA pour l’association et fondation Les petits frères des Pauvres. Ce sont en effet les femmes de plus de 75 ans et aux revenus modestes qui sont le plus touchées par ce phénomène, caractérisé par le cumul de quatre formes d’isolement : familial, amical, voisinage et réseau associatif. Le handicap et la maladie sont aussi des facteurs qui ont tendance à isoler.

L’isolement est donc intimement lié aux fragilités sociales, et pose la question du repérage de ces personnes cumulant les difficultés (mobilité, habitat peu adapté…). Outre la question du repérage, se pose aussi celle de la lutte contre la dépendance et pour le maintien de l’autonomie, ainsi que celle de la qualité de vie au sein du logement, et notamment la lutte contre la précarité énergétique. En effet, deux tiers des personnes âgées sans conjoint vivent dans un logement construit avant 1970.

Ces constats amènent les collectivités à s’interroger sur le « bien vieillir », sur les moyens à déployer pour rompre l’isolement des seniors et recréer du lien social, d’autant qu’elles souffrent généralement aussi d’exclusion numérique, dans un contexte de dématérialisation croissante des démarches. A Saint-Jean-De-Maurienne (73), le CCAS a gratuitement mis à disposition des seniors un agent de convivialité chargé de les accompagner dans leurs déplacements, de leur rendre visite à domicile et de favoriser leur participation à la vie de quartier en recréant du lien social. Une action simple qui permet de mieux identifier les besoins des personnes âgées, d’améliorer leur prise en charge et les services qui leur sont dédiés !

D’autres indicateurs sur les seniors dans le Portrait Croisé.

[1] « Solitude et isolement quand on a plus de 60 ans en France en 2017 »

[2] Extrait d’une étude de l’INSEE intitulée « Isolement, état de santé, conditions de logement : des risques de fragilité plus élevés pour les femmes après 60 ans »

 
Ithéa Conseil