Femmes et temps partiel : des inégalités de genre... aux inégalités territoriales

 

Ithea-temps-partiel-femmes-thumbstone.png

Pour la première publication de son Observatoire, Ithéa a traité la part des salariés à temps partiel par sexe. Au niveau national, 28% des femmes sont à temps partiel, contre 8% des hommes. Pourtant, de fortes disparités territoriales existent. Les départements dépassant 30% sont plutôt ruraux, ont des forts taux d’emploi dans le secteur tertiaire et/ou accueillent une part élevée de familles avec enfants (avec parfois une offre d’accueil du jeune enfant modérée).


L’essor du travail à temps partiel concerne surtout les femmes, mais de façon inégale sur le territoire. Entre la région parisienne et les territoires plus ruraux du Sud-Est, de l’Est ou encore de l’Ouest de la France, la situation des femmes face à l’emploi est très différente. Plusieurs facteurs d’explication :

Tout d’abord, le niveau de diplôme et le type d’emploi occupé sont déterminants. En effet, les emplois du secteur tertiaire sont plus souvent à temps partiel, notamment dans les services aux particuliers ou les activités de nettoyage en entreprise. Ensuite, les caractéristiques familiales jouent un rôle majeur : le taux de temps partiel dépend directement du nombre d’enfants mais aussi de la faculté à trouver un mode de garde sur le territoire. Enfin, les caractéristiques résidentielles ont leur importance. Ainsi, les femmes à temps partiel vivent davantage en milieu rural et ont plus souvent connu des déménagements.

Le taux de femmes à temps partiel est l’un des nombreux indicateurs disponibles pour dresser un tableau des inégalités hommes-femmes. De nombreuses collectivités territoriales s’en saisissent d’ailleurs à l’occasion d’une analyse des besoins sociaux ou d’un diagnostic de territoire, afin de cibler les points de difficulté et les axes prioritaires à travailler. Une telle étude permet de dresser un état des lieux des inégalités sur le territoire mais aussi d’identifier des actions innovantes mises en place par d’autres collectivités qui peuvent inspirer la ville et ses acteurs locaux.

A titre d’exemple, on peut penser au label « Egalité professionnelle » mis en place par l’AFNOR en 2004 et décerné à tous les employeurs souhaitant s’engager en matière d’égalité hommes-femmes. La Ville, la Métropole ainsi que le CCAS de Rennes ont par exemple reçu ce label en 2018.

Les collectivités locales sont donc des acteurs incontournables de la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Les collectivités et EPCI de plus de 20 000 habitants ont d’ailleurs l’obligation[1] de produire un rapport annuel sur l’égalité homme-femmes.

Elles peuvent d’ailleurs s’appuyer sur de nombreuses données, disponibles notamment au sein du Portrait Croisé.

[1] Circulaire interministérielle du 28 février 2017

 
Ithéa Conseil