Une ville (re)pensée pour les femmes - Rennes (35)

"Une ville plus égalitaire se planifie. Le confort des femmes dans l’espace public tient aussi à certains “détails” dans son aménagement."

Président deCatherine Dameron, Chargée de mission au Bureau des temps de la ville de Rennes la CC Cœur de Brenne, Jean-Louis Camus, aux élèves de Mézières-en-Brenne

Pourquoi Ithéa souhaite valoriser cette bonne pratique ?

  • Parce qu’elle sensibilise les agents, élus et habitants aux questions d’inégalités liées au genre dans l’espace public.

  • Parce qu’elle valorise les démarches de diagnostic quantitatif et qualitatif sur les inégalités entre les femmes et les hommes.

  • Parce qu’elle invite à se questionner sur les usages et non-usages de l’espace public selon son genre

La bonne pratique en quelques lignes

La ville de Rennes a organisé des marches exploratoires avec des habitantes pour observer les usages ou non-usages de l’espace public,  du mobilier urbain et des déplacements dans la Ville.   

« L’observation des usages d’un lieu et leur comptage donnent une vision précise des dynamiques d’occupation, d’actions, de passage et permettent de répondre aux questions : qui fait quoi ? Porte quoi ? S’installe où ? » explique, Pascale Lapalud, cofondatrice de l’association Genre et Ville.

La conception des équipements sportifs, le positionnement des bancs ou encore la présence des toilettes publiques sont autant de problématiques essentielles à traiter pour lutter contre les inégalités liées au genre dans les villes.

Les résultats

A la suite de ces marches exploratoires la Ville de Rennes a intégré plusieurs éléments dans son projet urbain Rennes 2030. Par exemple, une réflexion sur la location des commerces de proximité a été engagée, sous le prisme de l’autonomisation des enfants pour dégager du temps aux mères de familles. « En améliorant la proximité de services du quotidien, comme les écoles ou les commerces, on favorise l’autonomie des enfants qui peuvent y aller seuls, remarque Catherine Dameron, chargée de mission au bureau des temps de la ville de Rennes. On libère ainsi les femmes d’une partie du temps qu’elles leur consacrent. ». 

FICHE TECHNIQUE

Où ? Quand ?

Depuis 2016, à Rennes. 

D’autres villes ont suivi le pas, comme la Ville de Nîmes, de Lyon, ou de Pontault-Combault au sein des Quartiers Prioritaires de la Ville pour bénéficier, entre autres, des financements liés au renouvellement urbain pour la réorganisation du quartier.

Par qui ?

La Ville de Rennes et sa métropole

Comment ?

  • Dresser un état des lieux sur les inégalités homme-femme en réalisant une capitalisation des éléments quantitatifs disponibles sur cette thématique (INSEE, Commissariat général à l’égalité des territoires, Caisse Nationale d’Allocations Familiales, Pôle emploi, l’Agence Régionale de Santé) >> Le Profil Croisé d’Ithéa recense un certain nombre de ces données à travers la thématique « 10. Egalité Femmes-Hommes ».
  • Organiser des marches exploratoires et/ou des entretiens pour recueillir des éléments qualitatifs sur les usages et non-usages de l’espace public
  • Engager une réflexion collective sur les pistes d’action à mettre en œuvre pour réduire les inégalités homme-femme (ex : politique d’emploi et d’insertion, réaménagement de l’espace urbain, plan de lutte contre le harcèlement et les violences faites aux femmes…)

  • Mettre en place un comité de suivi pour évaluer ces politiques dans le temps

Les points de vigilance

Des financements peuvent être obtenus dans le cadre des politiques de renouvellement urbain dans les Quartiers Prioritaires de la Ville pour la réorganisation urbaines de ces quartiers afin de sécuriser les femmes. Or, de tels financements n’existent pas dans les autres types de quartiers, pouvant entraîner un biais. « Il existe un vrai risque de réduire la question des inégalités dans l’espace public à ces quartiers », dénonce Agnès Thouvenot, élue chargée de la lutte contre les discriminations à Villeurbanne.

Contact

Direction Association Jeunesse Égalité – Rennes Métropole
02 23 62 16 90